L’attractivité des métiers

Exploration du concept d’attractivité : Un outil au service de la politique d’information et d’orientation tout au long de la vie, appliqué au domaine du commerce de détail alimentaire.

Attractivité des métiers

Étude réalisée à la demande de l’AFFLEC

S’interroger sur la notion d’attractivité appliquée aux métiers, c’est choisir une dimension encore peu explorée du concept. Il s’agit d’un terme de plus en plus usité dans le débat public, mais dont les contours demeurent encore flous. Une simple preuve : le mot attractivité n’est pas encore répertorié dans le dictionnaire.

La seule occurrence que nous ayons trouvée est dans le petit Larousse illustré, où l’attractivité est définie de la manière suivante : « caractère de ce qui est attractif, attrayant ».

Né du terme attraction, lui-même défini par : « Force en vertu de laquelle un corps est attiré par un autre », la notion d’attractivité dépasse le simple phénomène physique pour induire une idée de relation, de réciprocité (suffixe « té »). Pour autant, les définitions existantes laissent perplexe par rapport au sens qu’on lui accorde aujourd’hui.

Le seul champ dans lequel une définition a été formulée jusqu’ici est le domaine économique, par l’identification d’indicateurs du niveau d’attractivité d’un territoire, d’une région, d’un pôle d’activités, désignant leur capacité à retenir et à attirer les investissements.

C’est pourquoi l’Association des Fédérations en Fruits et légumes, Épicerie et Crèmerie – AFFLEC – a souhaité conduire une étude sur les fondements de ce concept et son application à son secteur. Nous nous proposons donc de travailler sur un nouvel éclairage de la notion d’attractivité, avec comme terrain d’étude les métiers du commerce alimentaire de détail.

La question de l’attractivité relève d’un objectif de développement durable des entreprises. Pour que l’action puisse être efficace, elle doit être menée métier par métier et renvoie à la qualité de l’offre de travail présente sur le marché. On ne peut dire qu’un métier est attractif (ou non attractif) en soi et de manière définitive, il l’est nécessairement dans certaines conditions d’exercice et à certains moments. Il peut apparaître répulsif à certaines périodes, en fonction du cycle de vie, de facteurs sociétaux, économiques ou politiques.

 

Attractivité des métiersL’attractivité met en jeu une multitude d’items, tels que l’adaptation de l’appareil de formation, la notoriété, les conditions d’emploi, de rémunération et de carrière. Elle interroge par ailleurs l’ensemble des populations : jeunes, responsables d’éducation, salariés, employeurs, institutionnels et professionnels de la communication.

En effet, leurs représentants soulignent les difficultés de recrutement de salariés ou de chefs d’entreprise qu’ils rencontrent dans leurs différents secteurs. Après une période de décroissance sévère due au développement de la grande distribution, ces secteurs d’activités voient leur nombre d’entreprises se stabiliser, voir pour certains progresser.

Si 3 Français sur 4 ont une bonne image du commerce et 9 Français sur 10 ont une bonne image des commerçants, les opinions sont assez complexes et clivées sur l’attractivité du secteur. En effet, 40% des Français seraient intéressés si on leur proposait de reprendre un commerce mais seulement 28% des Français encourageraient franchement leur enfant s’il voulait devenir commerçant ou travailler dans le secteur du commerce.

De nombreuses actions ont déjà été conduites : elles ont toutes pour objectif de faire connaître ces métiers à tous les acteurs de la formation professionnelle mais aussi au système éducatif dans son ensemble afin de les sensibiliser et de les amener à bien connaître ce secteur et ses métiers.

L’étude propose d’appuyer de nouvelles actions dans ce domaine en les fondant sur une bonne connaissance du concept d’attractivité, nourri d’éléments de sociologie, de psychologie et d’économie.

L’approche sociologique rappelle le rapport spécifique qu’entretiennent les Français à leur activité, elle propose de le comparer aux autres pays européens. Elle permettra de situer ainsi le rapport des salariés et des chefs d’entreprises du secteur étudié.

L’approche psychologique rappelle les concepts qui sont mis en œuvre dans le processus d’orientation et d’insertion. Mieux connaître les motivations, les centres d’intérêts, les représentations sociales et les étapes de l’orientation du jeune ou de l’adulte est une phase indispensable à la construction d’un plan d’actions visant à développer l’attractivité d’un secteur. Ces explorations permettent de construire des hypothèses qui seront le fil directeur de toute l’étude.

L’étude se veut pragmatique, c’est pourquoi la méthodologie utilisée permet de relier réflexions et recherches théoriques avec une enquête de terrain auprès des publics-cibles – les jeunes en formation (apprentis, collégiens, lycéens), le personnel éducatif (enseignants, COP), les parents ou leurs représentants, les salariés, les chefs d’entreprises et leurs organisations professionnelles.

L’ensemble des résultats propose une liste des items caractéristiques des métiers et du secteur, assortie de recommandations d’usage et selon les sphères auditées, des premiers points d’appui sur lesquels l’AFFLEC peut envisager un plan d’actions visant à développer l’attractivité des métiers qu’elle représente.