Valoriser le métier de manutentionnaire

Des propositions d’actions qui s’intègrent bien dans les objectifs de la loi d’orientation et de formation tout au long de la vie de septembre 2009.

La manutention aujourd’hui

Comme son nom l’indique, la manutention est un métier principalement manuel, mais aujourd’hui un grand nombre d’opérations sont effectuées à l’aide de machines, l’ordinateur devenant un intermédiaire incontournable entre la tâche et le manutentionnaire.

La polyvalence est devenue incontournable dans le travail de la manutention, secteur n’échappant pas aux effets de la globalisation. Plus flexible et variée, la manutention concerne un grand nombre de secteurs tels que les transports, la production et la distribution. Seul ou en équipe, le manutentionnaire travaille sur de multiples sites et connaît des rythmes horaires variés (les 3X8).

Valoriser le métier de manutentionnaireLes voies diplômantes autour de la manutention sont peu nombreuses, et encore aujourd’hui on dénombre autant d’ouvriers qualifiés que de non qualifiés en poste.

Le poste lui-même connaît quelques modifications, ainsi la manutention s’exerce de plus en plus à court terme. L’augmentation des CDD et de l’intérim dans ce secteur est importante et limite les possibilités d’évolutions. Enfin, il est à noter que les femmes sont beaucoup plus nombreuses à rejoindre la manutention aujourd’hui.

La manutention, pour l’ensemble des personnes interrogées, reste un métier pénible ou la rotation du personnel est importante. Les opérations sont contraignantes, les accidents très nombreux et l’absentéisme semblent affecter l’ensemble du secteur, ce qui augmente la quantité de travail des effectifs présents.

Olivier, commercial chez XX, agence d’intérim : « La dégradation du profil de la manutention est flagrante. Nos confrères ne font pas toujours preuve de beaucoup d’empathie envers ce type de personnel ».

Notre investigation a pour but :

  • de mieux connaître ce métier en relevant les compétences requises pour exercer ce métier, évoluer et être capable de mobilité,
  • de revaloriser auprès des employeurs, des salariés mais aussi auprès des jeunes et de leurs enseignants cette fonction en proposant des actions concrètes : travail sur l’image et regard sur le métier, perception et valorisation par l’encadrement, discours tenu sur les perspectives d’avenir, projections possibles en termes de formation et d’avancement…,
  • d’élaborer des propositions relatives à la certification au regard de l’existant et à la formation au regard de la réalité des besoins et demandes des entreprises,
  • de proposer des pistes de travail à développer dans le but de la mise en place de pratiques pédagogiques, tutorat, chantiers… permettant de motiver les jeunes et les salariés.

Pour cela, nous avons décidé de nous intéresser à la fois :

  • au monde de l’entreprise en privilégiant celles de la distribution de produits frais, des produits du bâtiment et des équipements informatiques,
  • aux centres de formation qui ont des sections de formation aux métiers de la logistique afin de connaître l’origine des élèves, cerner les difficultés de conduite de formation de ces jeunes et mettre en évidence des bonnes pratiques,
  • aux agences d’intérim, qui sont très sollicitées par les entreprises pour le recrutement à ces postes de travail.

Notre parti pris n’est pas, dans cette étude, de traiter de la logistique dont les développements économiques sont bien connus de votre secteur mais plutôt de donner à voir un regard particulier sur la réalité de ce métier au sein de la logistique.

C’est pourquoi, ouValoriser le métier de manutentionnairetre une recherche des écrits sur le sujet et une synthèse des données essentielles sur le secteur, nous avons souhaité rencontrer des entreprises, des agences d’intérim et des centres de formation à travers des entretiens semi-directifs pour recueillir des informations de terrain sur le métier, les perceptions que salariés, chefs d’entreprises, recruteurs, formateurs et enseignants pouvaient porter sur cette fonction.

Nous avons tenu, également, à travailler avec l’université d’Evry Val d’Essonne et notamment les étudiants en sociologie spécialité « image et société » pour les engager avec nous dans notre réflexion sur la revalorisation du métier, à travers la réalisation de cinq courts métrages.

Enfin, pour finir, nous avons rencontré une étudiante en thèse d’anthropologie qui cherche à comprendre les répercussions de la manutention dans la construction identitaire de ces ouvriers.

Télécharger la note de synthèse « Explorations et témoignages pour revaloriser le métier de manutentionnaire »
Télécharger l’article de la revue CGI sur l’étude « Explorations et témoignages pour revaloriser le métier de manutentionnaire »